La météo, comment ça marche ?
Pourquoi ces pages. ... et pour qui ?
Il est un sujet de conversation aussi inépuisable qu'universel : le temps qu'il fait. Ou mieux, le temps qu'il fera. La taille de l'orteil ou les rhumatismes de tel ou tel vénérable aieul, indicateurs non sans valeur quoiqu'inconfortables, ne suffisent pourtant pas à produire une prévision digne de ce nom. On peut certes se contenter d'écouter paisiblement le bulletin sans y chercher malice. On peut, aussi - et ce n'est pas incompatible, bien au contraire - prendre plaisir à démêler ce qui se trame au dessus de nos têtes, comme il est satisfaisant (et à l'occasion salvateur...) de passer le discours du garagiste au tamis de quelques notions de mécanique, sans se poser pour autant en virtuose de la clé de treize.
La météo offre à la curiosité une matière pétrie d'humanité autant que de rationnalité, au confluent de multiples disciplines. Son histoire est peuplée de personnalités passionnées, inventives et pleines d'astuce. Rien de plus simple que d'approcher cette science si singulière : levez les yeux, sentez le vent, regardez défilier les nuages, observez leur forme, leur hauteur, leurs mutations.... Malheureusement, beaucoup se laissent intimider par les équations qui parsèment cet univers à la dimension de l'Univers. Crainte vaine, car si les chercheurs ont évidemment besoin d'un solide bagage mathématique pour assoir leurs théories, les mécanismes à l'oeuvre sont accessibles à tous dans leurs principes généraux, moyennant un peu d'attention et quelques notions élémentaires apprises au collège ou au lycée (et que nous rappelerons).
Mais pourquoi ces pages, quand il existe déjà tant d'articles, sites et ouvrages consacrés à la même question ? D'abord parce que beaucoup d'entre eux, rédigés par d'éminents spécialistes dont c'est le quotidien, supposent chez le lecteur un intérêt préalable certain, parfois une solide persévérance pour survivre à la profusion d'informations et un bagage scientifique sans doute minimaliste mais qui exclut quand même une importante proportion du grand public. D'autres sources tombent dans l'excès contraire et confondent simplicité et simplisme. Enfin, à de rares exceptions près, les sites proposent un éclairage circonscrit à un thème précis, sans le replacer dans une vision d'ensemble, une histoire qui "parle" aux non-initiés. Bref, ils visent soit trop long, soit trop court, même s'ils forent parfois très profond. Je pense pour ma part qu'il vaut mieux faire un tour d'horizon assez large pour donner à sentir la cohérence d'ensemble, en élaguant tous ce qui ne ressortit pas de l'essentel... mais sans s'abandonner non plus à des approximations abusives. Le lecteur chez qui cette première immersion aura éveillé l'envie se se pencher plus avant sur certains volers pourra étancher cette soif nouvelle en se référant à la bibliographie propoée.
Voici donc une introduction à la météorologie que j'espère
accessible : que chacun, y compris les réfractaires aux équations, puisse suivre (pour ne frustrer personne, je donnerai quand même quelques formules, mais sans omettre d'en donner la signification concrète)
rigoureuse : exposer en les simplifiant certes, mais sans les dénaturer, les notions majeures utilisées par les professionnels
courte : pouvoir être lu en entier en moins de deux heures et par chapître de moins d'un quart d'heure
pratique : donner les repères, et quelques méthodes simples pour exploiter la profusion d'information mise aujourd'hui à disposition du grand public par les services météorologiques
Dernière chose, ce texte est le produit d'un amateur au sens plein du terme - qui aime. Mais si la synthèse est de ma seule responsabilité, la matière première m'é été fournie par des publications émanant de spécialistes reconnus de Météo-France ou de la NOAA (agence nationale américaine). L'auteur remercie d'avance ceux qui l'aideront à améliorer la qualité de son texte et en supprimer les éventuelles erreurs qui auraient échappé à sa vigilance.
Un petit aperçu de ce que vous trouverez plus loin
Une excellente façon de prendre la mesure de ce tout ce qui se cache derrière les bulletins est de suivre comment on a appris à prévoir le temps. Les pères fondateurs, partis de rien (qu'est-ce qu'un nuage ? Pourquoi diable ne tombe-t-il pas ?, etc...), ont dû reconstituer le puzzle, morceau par morceau. Vous découvrirez une aventure très humaine, avec ses errements, ses revers, ses succès et qui donne déjà un bel éclairage sur l'envers du décor.
Cette petite histoire de la météo nous aura appris toute l'importance de ces grandeurs familières mais souvent méconnues que sont le vent, la température, l'humidité et la pression. Prenons le temps de nous y arrêter encore un peu plus. Bien les apprivoiser va nous permettre de répondre à certeines des questions que posent les enfants et qui embarassent souvent les grands : d'où vient le vent et pourquoi est-il plus ou moins fort ? Existe-t-il un rapport entre vitesse du vent et la température ? Pourquoi l'air est-il plus froid en altitude ? D'où viennent la pluie et la grêle ? Etc...
Devenus ainsi plus familiers avec les comportements de l'air et de l'eau, nous allons ouvrir en grand l'écran du cinémascope et plonger au coeur de ce qui fait les délices quotidiens des météorologues : la vie souvent agitée des dépressions et des anticylones. Comment se forment-ils ? A quoi ressemblent-ils ? Pourquoi sont-ils plus ou moins puissants ou dangereux ?
Puis nous examinerons d'autres animaux météorologiques violents et spectaculaires : les orages et les cyclones. Nous les avons rassemblés, même s'il s'agit bien sûr d'échelles complètement différentes en taille et en durée, car d'une part les cyclones naissent d'amas orageux qui amorcent leur redoutable moteur interne et d'autre part leurs mécanismes de fonctionnement ont quelques points communs.
Un petit détour pour les marins, que le ciel colérique inquiète mais que la mer en furue terrifie. Comment la bonne ou la mauvaise humeur de Zeus va-t-elle affecter son frère Poséidon, Dieu des flots ? Qu'est-ce qui explique la hauteur des vagues ? Comment la prédire ? Quand faut-il les craindre ?
Ayant ainsi arpenté dans ses grandes largeurs le terrain de jeu des prévisionnistes, nous nous pencherons sur leurs méthodes de travail, qu'il s'agisse des méthodes anciennes (heuristiques) qui prévalaient jusqu'aux années 1960 (mais nous sont beaucoup plus accessibles), ou des méthodes modernes s'appuyant sur les modèles numériques.
Enfin, nous ferons le tour de toute l'information météo à laquelle nous avons accès par les divers médias. Savoir lire un bulletin (moins évident que l'on ne le croit communément), récupérer et interpréter les fichiers grib, lire les cartes météos.